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Regard sur le cinéma coréen - Le Mûrier (Pong)

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Un film de Lee Doo-yong (Corée, 1985, 114 mn)
par Hélène Kessous

Le murier, film de Lee Doo-yong, soulève de nombreuses questions malgré son apparente légèreté. Dans les années 1920, à l’heure de l’occupation japonaise, nous
assistons à la vie quotidienne des villageois.

Mais cette vie paisible et bien réglée va être perturbée. Alors que chacun a une place bien définit dans la société, que chacun se voit attribuer une fonction, une place (« l’homme fort », « l’idiot », « la femme à poigne », etc.), deux personnages vont rompre l’ordre établi.


Lui : toujours parti n’assume ni ses devoirs au sein de la communauté villageoise, ni ceux envers sa femme.
Elle : trop belle, esseulée dans ce village qui n’est pas le sien, décide de ne plus manquer de rien en vendant son corps pour de l’argent.

Ce film est censé être une comédie, mais on y voit un regard cruel et froid sur la
condition de la femme. L’appât du gain et la concupiscence, bien que présentés comme tel, ne sont pas les seuls responsables de la situation de la jeune femme. Le réalisateur nuance un peu son propos en questionnant la part de responsabilité des hommes du village, mais aussi des hommes en général, sur le destin de cette femme, et à travers elle le destin des prostituées. Car se sont bien les hommes qui l’ont mise dans cette situation en exigeant d’elle son corps comme monnaie d’échange.

Alors que, au fil de l’histoire, elle se donne sans compter aux hommes des alentours, pour peu qu’ils lui donnent ce qu’elle demande, elle se refuse encore et toujours à un homme : « l’idiot du village ». Elle dirige sur lui toute sa colère, ses frustrations, et son ressentiment.

À ce film, plus cynique que drôle, deux suites ont été tournées. Une énigme reste
cependant à élucider : le mari de notre héroïne est constamment suivi (de loin) par
un officier japonais à vélo. Qui est-il ? On ne le sait pas : ami ? Partenaire de jeu ? Surveillant ? Dommage que le mystère de ce personnage intrigant ne soit pas résolu à la fin du film.


Autour de ce film : interview du réalisateur ; biographie ; Hommage, brochure fica 2005, page 19.

Images du film. Tous droits réservés.