PODCAST

FICA Vesoul

Recherche :
Vous êtes ici : Thématique » Articles Inalco 2011

Regard sur le cinéma coréen - Memories of Murder (Salinui chueok)

JPEG - 16.8 ko

Un film de Bong Joon-Ho (Corée, 2003, 127 mn)
par Stefano Centini

Dans le climat politique instable de la Corée du Sud entre la fin des années 80 et le début des années 90, la peur et la psychose se répandent en raison de plusieurs meurtres en série à Hwaseong, dans la province de Gyeonggi.

La police locale ne possède pas les moyens nécessaires afin de mener l’enquête. De plus, l’inspecteur Park utilise des moyens extrêmement violents, instinctifs et absolument pas scientifiques pour arriver à une vraie solution. Un autre policier arrive donc de Séoul pour résoudre le problème, mais il se retrouve confronté à son collègue “de province” et à sa conviction que le meurtrier est le jeune handicapé du village, Kwang-Ho.

Dans le climat politique instable de la Corée du Sud entre la fin des années 80 et le début des années 90, la peur et la psychose se répandent en raison de plusieurs meurtres en série à Hwaseong, dans la province de Gyeonggi.

Seo, le jeune détective arrivé de Seoul, découvre que Kwang-Ho a été forcé d’avouer sous torture, et cherche alors à proposer ses méthodes. Il semble peu à peu se rapprocher de la vérité, lorsque la solution qu’il croyait la plus évidente disparait sous le poids des preuves scientifiques qu’il a utilisées pour la proposer.

Le vrai tueur en série reste alors inconnu alors que les meurtres se terminent mystérieusement après quelques années. En 2003 (l’année de sortie du film en Corée), l’ancien détective Park, qui a quitté la police pour devenir entrepreneur, repasse par hasard sur le lieu du premier crime. Une petite fille lui dit alors qu’un autre homme est passé par là quelques jours avant, pour se rappeler de quelque chose qu’il avait fait à cet endroit.

S’inspirant d’histoires réelles de meurtres en série qui se sont passés dans la Corée de 1986, le réalisateur Bong Joon-ho arrive très bien à jongler entre la valeur artistique et l’appel commercial du film. Il arrive en même temps à retransmettre sur l’écran l’esprit d’une époque, période où la tension d’un changement à venir traversait la Corée. Cependant, la politique reste toujours en dehors de l’écran, puisque le réalisateur s’intéresse essentiellement à ses personnages, à les filmer dans leur contradiction et dans leur recherche désespérée d’une vérité qui n’arrive jamais. Porté par un scénario qui mélange avec ironie la comédie et la tragédie, Bong Joon-ho est capable de créer une œuvre divertissante où les moments importants de réflexion historique et sociale sur le passé récent de son pays ne manquent pas.

Le film a ainsi pu atteindre les cinq millions de spectateurs en Corée et a remporté de nombreux prix : pour son scénario, pour son réalisateur et pour le film lui-même, aux festivals de Saint Sebastian, Torino et Tokyo.


Autour de ce film : bande-annonce ; biographie sur Wikipédia.

Images du film. Tous droits réservés.