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SUR LES ROUTES D’ASIE - Querelles

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Un film de Morteza Farshbaf (Iran, 2010, 85 mn)

Par Bamchade Pourvali

Querelles est le premier long métrage de Morteza Farshbaf, jeune cinéaste de 26 ans formé à l’école de Abbas Kiarostami.

S’il rappelle Le Vent nous emportera à travers certains motifs : la voiture, les routes tortueuses, l’écran noir ou l’arbre isolé, le film se différencie en même temps par une sensibilité personnelle sur la question de l’enfance et du « deuil » (titre original du film).

En effet, Querelles commence par une dispute opposant le père et la mère d’Arshia, 10 ans, qui suit leur conversation dans le noir. Dans la précipitation, l’homme et la femme décident de quitter la maison sans prévenir l’enfant.

Après ce départ, un nouveau trio se forme réunissant Arshia, sa tante et son oncle, en route à la recherche des parents du jeune garçon. Le spectateur est d’abord surpris par les sous-titres qui accompagnent le déplacement de l’automobile avant de comprendre que l’homme et la femme sont sourds muets. Les sous-titres traduisent leur langage par signes.

En arrivant près d’un tunnel, l’oncle découvre que les parents d’Arshia ont été victimes d’un accident. Il décide de cacher la nouvelle à l’enfant. Désormais, la question se pose de la nouvelle responsabilité du couple vis-à-vis de celui-ci. Vont-ils adopter officiellement leur neveu ou le confier à d’autres membres de la famille ?

Ce voyage devient l’occasion d’une réflexion sur la vie passée des trois personnages et leur avenir possible. Le sentiment de solitude et l’histoire personnelle de chacun d’eux est pris en compte par le réalisateur qui brosse un portrait sensible des trois protagonistes à la fois seuls et dans leurs relations aux autres.

Film sur la résilience, Querelles apparaît comme une œuvre pudique sur les sentiments enfouis. On notera au passage la beauté des paysages qui permet de surmonter le sentiment de deuil et la présence d’un enfant différent de ceux rencontrés chez Kiarostami et qui, par son comportement, évoque parfois le Danny de Shining. L’utilisation de la Sarabande de Haendel jouée sur un rythme lent renforce ce sentiment de filiation et offre au film un beau moment de sérénité et d’harmonie.


Autour de ce film : bande-annonce.

Image et affiches du film. Tous droits réservés.