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REGARD SUR LE CINÉMA INDONÉSIEN - The Mirror Never Lies

Un film de Kamila Andini (Indonésie, 2011, 100 mn)

Par Fanny Thoret

Un large éventail de films indonésiens était présenté cette année au Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul. The Mirror Never Lies premier long métrage de la jeune réalisatrice Kamila Andini en faisait partie.

Cette jeune réalisatrice a baigné dans le milieu du cinéma dès son plus jeune âge puisqu’elle n’est autre que la fille du réalisateur Garin Nugroho, l’un des réalisateurs indonésiens les plus présents au niveau international. Ils étaient d’ailleurs tous deux présents à Vesoul où le réalisateur s’est vu décerner un Cylco d’or pour l’ensemble de sa carrière alors que plusieurs de ses films dont Feuille sur un oreiller, Opera Jawa ou blindfold étaient projetés. Kamila Andini est né dans le cinéma, a eu accès aux films étrangers dès son plus jeune âge ; cependant elle ne s’est pas immédiatement destinée au cinéma. Passionnée de peinture, danse, photographie et plongée, elle a dans un premier temps poursuivi des études de sociologie et de communication en Australie. Avant de s’orienter vers la production et la réalisation de documentaires. Son premier film The Mirror Never Lies, bien accueilli dans de nombreux pays et projeté dans une trentaine de festivals est une véritable réussite.

C’est dans la région de Wakatobe, chez les bajo, les gitans de la mer qu’a été tourné The Mirror Never Lies. L’archipel indonésien est vaste. Le lieu du tournage, bien loin de Jakarta la capitale, est méconnu de beaucoup d’Indonésiens. C’est en tant que plongeuse, qu’elle avait découvert les bajo pour la première fois, leur relation à la nature, à la mer l’avait fascinée et c’est là qu’elle a trouvé la source d’inspiration pour son premier film.

Avec cette histoire, le spectateur est transporté dans un écrin de carte postale, entre mer turquoise et huttes sur pilotis. Il est plongé dans la vie d’une mère, Tayung et sa fille, Pakis qui doivent faire face à l’absence du père, disparu en mer. Si le cadre est magnifique, la vie n’en est pas moins dure. Pakis cherche le reflet de son père dans un miroir, reflet qui serait le signe qu’il n’est pas mort. Sa mère se cache derrière un masque d’argile. Entre rituels bajo, pêche, relation humaine, une tranche de vie coule naturellement à l’écran. Aux côtés de Tayung et Pakis on retrouve Lumo, le meilleur ami de Pakis et un chercheur venu de la capitale qui fait éruption dans leurs vies.

Le mode de vie même des bajo est mis en péril avec les menaces qui pèsent sur l’environnement, leur lieu de vie, du fait des méthodes de pêches destructrices et du changement climatique. Pour ce premier film habile, esthétique et empreint d’une grande sensibilité, la réalisatrice a fait appel à deux acteurs professionnels, mais surtout à des enfants bajo, aux habitants du village, dont la participation donne toute sa force et sa couleur au film. Ce film a reçu le soutien de la région où il a été tourné mais aussi du WWF. C’est un film que les spectateurs français devraient avoir la possibilité de découvrir. Mais il n’a pas trouvé de distributeur en France, comme c’est souvent le cas pour les films indonésiens.

C’est en résidence avec le soutien de la Cinéfondation du Festival de Cannes que la réalisatrice s’est attelée à la préparation de son second film, intitulé The Seen and Unseen. Le film sera tourné à Bali et fera référence à une autre des passions de Kamila, la danse. Toujours est-il que The Mirror Never Lies est un film à voir et Kamila Andini une jeune réalisatrice à suivre pleine de talent.


Autour de ce film : Regard sur le cinéma indonésien ; L’Indonésie à travers son cinéma ; biographie ; bande-annonce.

Image extraite du film. Tous droits réservés.