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FICA Vesoul

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1 6 °
FESTIVAL INTERNATIONAL
DES CINÉMAS D’ASIE DE VESOUL

du 26 janvier au 2 février 2010


Du 26 janvier au 2 février 2010 s’est tenu à Vesoul (Franche-Comté), le 16e Festival international des cinémas d’Asie. Le FICA est une machine extraordinaire qui fait venir des films de toute l’Asie.

Quelques chiffres pour cette édition : 8 jours, 80 films, dont 51 inédits, 6 jurys, dont un de l’INALCO, 7 prix, dont 2 du public, soit 9 films et 7 documentaires en compétitions, et 36 000 entrées. Les mauvaises langues qui pensent que ces films ne trouvent pas leur public hors de Paris se trompent lourdement. On vient de toute la région et depuis des années pour assister au Festival.

Les créateurs, Martine et Jean-Marc Thérouanne, épaulés par Yannik Denoix, sont des passionnés animés par une énergie formidable. À eux trois, ils forment le noyau dur du Festival et autour d’eux s’est formée une équipe de bénévoles toujours en mouvement qui atteint son maximum durant la semaine du Festival.

Mais le charme du FICA est que tout y est à dimension humaine. Les jurys, les réalisateurs et les professionnels du cinéma sont en contact direct avec les différents publics venus assister aux projections.

Vesoul, on y vient une fois et on espère y retourner. Wafa Ghermani en est l’exemple le plus parlant (lire notre entretien pages 14 et 15). Sa première participation, c’était en 2001 en tant qu’étudiante en licence de cinéma à l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3. Elle n’était que spectatrice, puis elle a travaillé en coulisse à de nombreuses reprises. Cette année, elle s’est particulièrement impliquée dans l’organisation. Elle a assisté Jean-Marc Thérouanne pour mettre sur pied la rétrospective sur le cinéma taïwanais, et a été chargée de la communication. Actuellement, elle fait une thèse sur le cinéma taïwanais et profite de ses voyages sur place pour repérer des films pour le Festival. C’est d’ailleurs elle qui a proposé au comité de sélection les Cyclo d’or ex æquo, No puedo vivir sin ti de Leon Dai (Taïwan) et Cow de Guan Hu (Chine).

La sélection de cette année, particulièrement violente, a été riche en émotion. J’ai été subjuguée par la beauté de Frontiers Blues de l’Iranien Babak Jalali, bouleversée par la relation père-fille de No puedo vivir sin ti (Cyclo d’or et prix Émile Guimet) ; horrifiée par l’humanité d’un pédophile, terrorisée par la folie d’un mari violent, agressée par l’absurdité de la guerre. Le palmarès récompense des films forts, aux choix esthétiques très marqués.

Le prix INALCO n’a pas été facile à décerner, notre mission étant de valoriser les films qui apportent un éclairage culturel. Le prix a été décerné au film philippin The Pawnshop de Milo Sogueco. Il prend pour sujet une des innombrables boutiques de prêts sur gages. Les Philippins en sont fous et, pour eux, tout est bon à mettre au clou. Le Coup de cœur de l’INALCO revient au film indien The Damned Rain de Satish Manwar (projection à Paris-Diderot le jeudi 6 mai). Le sujet est lourd et d’actualité : les suicides de paysans au Maharastra mais le film est léger et n’accable jamais le spectateur. Tout au long du festival, en plus de notre mission de jury, nous interviewons les réalisateurs présents, dans leur langue. Cette année, nous avons rapporté des interviews en persan, hindi, indonésien, filipino, et chinois. Une relation particulière se crée lors de ces rencontres. Les réalisateurs sont surpris et amusés par cet exercice. Certains en perdent même leurs moyens tant l’occasion de parler de leur film dans leur langue est rare.

Chaque année, le musée Guimet organise "Vesoul à Paris", trois jours de projection des films primés (entrée gratuite pour les étudiants de l’INALCO). Il ne fallait pas manquer cette année le Coup de cœur Guimet Supermen of Malegaon de Faiza Ahmad Khan (Inde) projeté le 8 avril, documentaire hilarant sur le tournage d’une parodie de Superman, qui illustre la nature même du cinéma : avec de bonnes idées, tout est possible. Le Prix Émile Guimet, décerné à mon coup de cœur personnel : No puedo vivir sin ti était présenté le lendemain. Auparavant, les habitués de Guimet avaient pu découvrir le Cyclo d’or Cow.

Hélène Kessous
Article extrait de la revue Langues Zone n° 19 ; avril/mai 2010.


Pour plus d’information sur le Festival et son palmarès : http://www.cinemas-asie.com/.

Affiche du festival. Tous droits réservés.