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God Man Dog (Des dieux, des hommes et des chiens errants)

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Un film de Singing Chen (Taiwan, 2008, 119 mn)
Par Lucile Constant

Un couple aisé, jeunes parents, est en tous points un modèle de réussite. Pourtant, la femme sombre peu à peu dans l’apathie.

Un mari et une femme aborigènes luttent pour échapper à l’alcoolisme. S’appuyant sur leur foi chrétienne, ils essaient de reconstruire leur vie. Leur fille Savi leur a été retirée.

La jeune fille, championne de boxe, pourrait trouver dans le sport le moyen de changer son existence. Sa meilleure amie, plus pragmatique, compte, elle, sur sa jolie paire de jambes. Un adolescent vagabonde de foires en marchés, se remplissant le ventre aux concours du plus gros mangeur, qu’il gagne invariablement.

Un dévot parcourt Taiwan dans son camion où trône une statue géante de Bodhisattva (voir l’image extraite du film). Sur sa route, il recueille des statuettes de divinités abandonnées et nourrit les chiens errants.

Les personnages se croiseront au hasard de ce film parmi les chiens et les dieux.

Selon moi, ce film est à l’image de Taiwan et de son intense vie religieuse. Les dieux, Bouddha, Jésus et les autres, que les personnages recherchent ou rejettent, semblent être présents ici plus qu’ailleurs.

Et puis il y a le cheminement. On accompagne les personnages dans tous les recoins de l’île : dans les lumières de la capitale Taipei, dans les villages aborigènes silencieux, au pied des immenses échangeurs autoroutiers, et le long des routes de la côte pacifique au cœur de ses paysages sauvages.

Souvent, les films contemporains sur Taiwan nous étourdissent de la modernité de Taipei. Ici, à travers ce film, se révèle un autre aspect de Taiwan. Le Taiwan plus secret de la mystique et des mystères.

Ce film évoque pour moi une promenade en scooter un soir où suivant un petit chemin bordé de lanternes rouges, je suis arrivée devant un théâtre d’automates. Le décor, haut de trois étages, était éclairé de néons criards. Les automates de taille humaine figuraient des scènes religieuses. Cette apparition improbable au milieu de nulle part avec ce théâtre ne jouant pour personne m’avait alors fortement intriguée

J’ai compris plus tard que le spectacle était destiné aux dieux plus qu’aux hommes.


Autour de ce film : filmographie.

Affiche et image extraite du film. Tous droits réservés.