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FICA Vesoul

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Impressions du premier jour

par Philippe Desvalois.

Ouverture hier soir, mardi 26 janvier 2010, après un voyage SNCF presque exclusivement affrété pour le FICA 2010. Le jury INALCO est presque au complet et les discussions vont déjà bon train autour des cinémas d’Asie et des films à ne pas manquer pendant cette semaine riche de 80 films au programme.

Après le dîner rassemblant tous les participants du Festival chez les Thérouanne, parfaits organisateurs de cet événement depuis seize ans, le premier film, en ouverture, propose un thème difficile mais fort : une jeune mère de famille atteinte d’une leucémie foudroyante et qui, désireuse de rester maîtresse de son destin, est tentée par le suicide, avant de reprendre goût aux choses simples de la vie comme un amour ancien, ce qui n’empêchera pas une fin tragique. La Tisseuse de Wang Quan’an (Chine, 2009, 93 mn) a bouleversé le public malgré la lourdeur du sujet.

Première journée débutant en fanfare avec un jury de l’INALCO présent devant sept films (de 10h à 22h30), dont les thèmes pourraient renvoyer vers la "fusion sino-tibétaine". Le choix s’est porté d’abord sur Milarepa, la voie du bonheur, de Neten Chokling (Bhoutan, 2005, 95 mn), sorti en France en 2005. Un conte sur la vengeance dont les effets spéciaux, d’abord discrets et poétiques prennent ensuite trop de place et perdent toute crédibilité, à l’instar du jeu de l’acteur principal, que l’on devrait pourtant retrouver dans la deuxième partie de ce conte, à sortir prochainement.

Tous les midis, une présentation de documentaires vietnamiens. Ce premier jour, Love Man, Love Woman de Nguyen Trinh Thi nous fait découvrir un sujet tabou de la société vietnamienne, l’homosexualité masculine, présentée sous l’angle de l’hommage rendu à une déesse par des hommes se déclarant "meilleures femmes que les femmes", un esprit de femme dans un corps d’homme étant, selon eux, supérieur à un corps de femme recevant un esprit féminin.

Suit un western chinois digne de Sam Peckinpah par la froideur de sa violence. Violence des hommes envers les animaux (des antilopes du Tibet), violence des hommes entre eux (une patrouille de défense des antilopes contre un groupe de braconniers), violence des éléments dans ces montagnes arides. Kekexily, la patrouille sauvage, de Lu Chuan (Chine, 2004, 95 mn), présenté dans le cadre de la thématique "L’homme et la nature", reste le grand moment de la première journée.

L’après-midi se poursuit avec un grand mélo taïwanais, Posterity and Perplexity de Lee Hsing (Taïwan, 1976, 110 mn). Non seulement le film a vieilli, ancré dans ses années 1970, mais avec un propos plutôt risible : un triangle amoureux consenti au sein d’une même famille. Pratique courante, nous a rassurés Wafa Ghermani, la très fine co-programmatrice de ce "Regard sur le cinéma taïwanais", mais tellement loin de notre sensibilité d’Occidentaux.

À 18h, la compétition documentaire présente, avec Tibet, Taipei de Wu Mi- Sen (Taiwan, 2009, 58 mn) un visage original sur la diaspora tibétaine en Inde, aux États-Unis et à Taiwan ainsi qu’un film très touchant de Xuân-Lan Guyot (Vietnam, France, 2009, 48 mn) sur la rencontre de la réalisatrice avec sa grand-mère lointaine. Le titre est enchanteur : La Vie sombre trois fois, se relève sept et neuf fois flotte à la dérive. Le film l’est aussi.

Le premier film en "compétition fiction", The Damned Rain de Satish Manwar (Inde, 2009, 93 mn), à l’instar de La Tisseuse, aborde le suicide, celui de très nombreux fermiers ruinés en Inde, à travers le regard d’un enfant et de sa famille, inquiétés par le comportement du père. Premier film très fort, très maîtrisé, très bien interprété. Un ticket d’entrée pour le palmarès ?