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Impressions du deuxième jour

par Philippe Desvalois

Une deuxième journée aussi riche que la première, pendant laquelle, toute l’équipe de l’INALCO a vu à nouveau sept films.

La matinée commence en douceur avec Hidden Whisper, un film de Vivian Chang, présenté dans le cadre du "Regard sur le cinéma taïwanais". Plusieurs portraits féminins, une petite fille, une adolescente, une jeune femme sur laquelle l’histoire s’attarde lorsque la figure maternelle s’approche de la mort. Beaux cadrages, belle lumière et une interprétation tout en intériorité.

Suivent les deux documentaires de midi. Dans le cycle documentaire vietnamien, Crying for Hire, de Lan Phuong, présente le métier de pleureuse professionnelle, à travers le portrait d’une famille entièrement dédiée à cette activité : pleurs, chants, psalmodies, musique, scansions, percussions, un film complet sur cet aspect du folklore au sens plein du terme.

Suit The Half-Naked Man, de Nguoi O Tran. Tran, passionnant plongeur de rivière, nous relate son quotidien d’handicapé pourtant totalement au service des valides. Il se charge en effet d’aller au fond des cours d’eau d’Ho Chi Minh Ville pour récupérer tous les objets perdus, laissés tomber par les voyageurs, touristes, navigateurs. Ceci, au péril de sa vie. Une leçon de courage et d’abnégation.

Avec La Route désespérée, on entre dans l’univers d’Ömer Kavur, cinéaste turc des années 1970 à 2000, récemment décédé. Pour la première fois au monde, une rétrospective intégrale de son œuvre lui est consacrée. Acteur fétiche du cinéaste, Kadir Inanir représente l’homme turc dans toute sa complexité et sa fierté, traits de caractère qui tendent à l’universel. Si le film n’a pas plu à tous les spectateurs de l’INALCO, c’est peut-être qu’il semble un peu daté…

L’après-midi se poursuit par un voyage au Kazakhstan avec le film Oultougan, de Yedigué Bosylbaiev. Une histoire d’amour dramatique autour du personnage féminin d’Oultougan, mais surtout dans les décors naturels de la mer d’Aral disparaissant pour laisser la place au désert, au chômage et à la perte des valeurs. Présenté au cœur de la programmation " L’Homme et la nature ", ce film fort et intimiste montre les conséquences sur l’homme de sa propre destruction de la nature.

Retour à la compétition à 18 heures avec le documentaire Supermen of Malegaon, de Faiza Ahmad Khan, sans doute un des plus grands succès de ce festival ! Jusqu’où la passion du cinéma mène un producteur réalisateur à monter un remake de Superman avec un acteur chétif mais tellement drôle, des effets spéciaux bricolés mais réussis, le tout au milieu des tensions communautaires avec les musulmans.

La soirée de compétition fiction présente le premier long métrage du cinéaste iranien Babak Jalali, Frontier Blues. Terres de frontières, mélanges de population sous le poids des communautarismes, difficultés économiques, absence criante des femmes sont les thèmes du film. Un style largement inspiré des maîtres iraniens et… finlandais ! Longs plans fixes, panoramiques au ralenti, quasi absence de dialogues ou échanges d’une drôlerie presque surréaliste, interprétations minimalistes, le film plaît beaucoup… Un possible prix ?

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