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Impressions du quatrième jour

par Philippe Desvalois

Night and Fog, le film choc de la veille a empêché de nombreux festivaliers de dormir, donc de se réveiller tôt en ce samedi matin pourtant prometteur… mais trop matinal avec des séances débutant à 9 heures ! Et sous la neige !

Rares sont ceux qui pourront assister à une autre séance de classiques tels que Derzou Ouzala de Akira Kurozawa ou La Rivière Titash, merveille indienne de Ritwik Ghatak.

La délégation INALCO, enrichie depuis la veille de l’équipe technique, d’enseignants et d’étudiants fidèles de ce festival, reprend le cours de ses activités avec la compétition fiction, qui commence, pendant le week-end, après le déjeuner. C’est ainsi devant une salle comble qu’est projeté le film le plus original de la compétition. Cow, du réalisateur chinois Guan Hu, se déroule dans un village reculé de montagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Traité avec loufoquerie et mouvements de caméra virevoltants, l’histoire parfois désopilante de cette vache laitière hollandaise, parvient à son but : faire hurler de rire en faisant toutefois prendre conscience au public éclairé de l’évolution des relations entre Chinois et Japonais à travers ce fermier et cet étudiant, entraînés, bien malgré eux, dans un conflit dont ils ne comprennent rien.

Film non terminé sur copie DVD ou scénario trop alambiqué ? Des vies sans valeur, premier long métrage de la jeune réalisatrice turque Selda Çiçek, reste la grande interrogation de la compétition. Rien à en dire, puisque je fais partie des gens qui n’ont rien compris à cette histoire de famille, qui fourmille de trop de personnages…

L’épreuve (dans tous les sens du terme) continue avec Animal Town du Coréen Jeon Kyu-hwan. Toujours de la violence extrême, mêlée de sexe et de désir de vengeance. On connaît le cinéma coréen sous cet angle jusqu’au-boutiste ; Animal Town confirme en ne laissant à aucun moment respirer le spectateur. Pour qui abhorre la violence faite aux femmes et aux enfants, Jeon Kyu-hwan propose un traitement similaire à celui de Ann Hui. Là encore, la salle se vide aux moments les plus difficiles.

Un grand bol d’air s’impose. On laisse le dernier film en compétition de la journée, de crainte de subir une nouvelle attaque… au profit du grand classique de Satyajit Ray, Des Jours et des nuits dans la forêt. Cette comédie de 1970, contant la découverte de la nature (et de ses jolies habitantes) par un quartet de citadins, nous permet enfin de décompresser en charmante compagnie.

Crédits photo : Stefano Centini. Tous droits réservés.