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Coup de coeur Inalco - A Matter Of Interpretation (Kkum-bo-da hae-mong)

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Un film de Lee Kwang-kuk (Corée, 2014, 99 min)
Par Lucille Cosgrave

Lee Kwang-kuk est de retour après deux ans avec son nouvel opus A Matter Of Interpretation, œuvre gagnante du prix coup de cœur Inalco cette année au Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul. Lee a passé ses années formatrices en tant qu’assistant réalisateur pour Han Sang Soo (Tale of Cinema 2005, Woman on the Beach 2006, Like You Know It All 2009, HaHaHa 2010), avant de débuter en tant que réalisateur avec Romance Joe en 2012.

Ici, Lee nous offre une œuvre à couper le souffle qui traite de la logique des rêves, avec une intrigue pertinente et un scénario qui interpelle le spectateur. Son style a évolué depuis Romance Joe tout en gardant le même esprit avec une comédie pince sans rire, des personnages idiosyncrasiques et des métarécits.

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Un jour d’hiver, frustrée par l’attitude des autres membres de sa compagnie face à l’absence totale de spectateurs à leur matinée, l’actrice principale quitte le théâtre en toute exaspération. Elle se pose sur un banc au milieu d’un parc et réfléchit à sa carrière stagnante et à sa vie sentimentale ratée, qui a trouvé sa fin sur ce même banc. Elle y rencontre un inspecteur à la criminelle, plus doué pour le déchiffrage des rêves que pour son métier d’inspecteur. Mais très vite, ses rêves, ainsi que ceux des autres personnages, se mêlent étroitement à la réalité.

Le thème du rêve est présenté de manière très pragmatique au début du film : un personnage raconte son rêve pour qu’un autre personnage le lui explique. Mais rapidement Lee Kwang-kuk dissipe les frontières entre rêve et réalité et joue avec le public. Le récit emporte les spectateurs dans les rêves des personnages et se corrèle avec un dossier de suicide dont l’inspecteur est chargé, nous poussant à maintes reprises au cours du film à nous demander si ce qui apparaît à l’écran est rêve ou réalité.

Mais le réalisateur s’assure que la narration ne soit pas trop abstraite pour le public. Lee et son équipe ont accordé un grand soin à la mise en scène du film au niveau visuel avec l’usage des couleurs et des décors ; une voiture et une montre de poche servent de points de repère à travers l’œuvre en offrant des indices aux spectateurs. Lee manifeste sa maitrise du langage du cinéma en favorisant des prises prolongées et une photographie nette, précise et fluide. La performance engageante des acteurs et l’énergie joviale du scénario compensent sa complexité.

A Matter Of Interpretation est une comédie poétique, sans sens caché, qui nous emporte en nous faisant osciller entre rêve et réalité. Son charme se trouve dans le jeu d’acteur, son scénario entraînant, sa photographie soignée et son humour léger. Riche en excentricités et en belles images, A Matter Of Interpretation est un film à ne pas rater.


Le coup de cœur Inalco a été décerné à A matter of interpretation pour sa poésie, oscillant entre rêve et réalité et qui séduit par sa photographie et son humour. »

Lee Kwang-kuk est né en 1975. Il est diplômé en cinéma du Seoul Institute of Arts. Il réalise son premier film en 2011, Romance Joe, récompensés plusieurs fois au Festival de Busan.


Autour du film : interview du réalisateur ; bande-annonce ; filmographie

Affiche et photographie du film. Tous droits réservés