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Kurai, Kurai : Tales on the Wind - Koeraaj Koeraaj

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Un film de Marjoleine Boonstra (Kirghiztan, 2014, 85 min)
Par Alejandro Marx

Après avoir appris que son amour Vera était enceinte et que l’on ne savait pas qui était le père, Emo part en voyage. Laissant derrière lui Vera et la ville, il décide de retourner dans son pays natal, la terre des kurais, aux buissons épineux emportés par le vent. Il espère, en retrouvant la terre d’où il vient, savoir où il doit aller. Sa mère lui racontait autrefois des légendes sur les « kurais ».


Kurai est le nom que les kirghizes donnent à une boule d’herbe sèche emporté par le vent dans le désert. Une circonvolution qui rappelle le cercle, si cher à la culture du Kirghizstan, symbole recroisé dans la cheminé des caravansérails mais aussi dans l’évolution - et la révolution intérieure - du personnage principal. Le kurai emmène la caméra à travers les péripéties du voyage d’Emo, comme un conteur annonçant une nouvelle scène.

Cette fresque est ponctuée des rencontres que fait le personnage principal, dans cette contrée vidée petit à petit de ses habitants par la désertification. Plusieurs récits, à portée symbolique voir même mythologique, s’entrecroisent. C’est d’ailleurs le sous-titre du film : Tales on the wind, que l’on peut traduire par les contes du vent .

Dans ce pays de neige, de coton et de sel, Emo croise des gens très différents : un employé de chemin de fer qui quitte son poste, Sufyani, une mère à la recherche de son fils noyé qu’elle croit toujours vivant, Botagos, un conducteur du camion citerne qu’il ne peut que difficile- ment remplir car le lac où il avait l’habitude de pêcher s’assèche.

Ce film présente les désastres écologiques qui frappe l’Asie Centrale, de la disparition des mers par la production de coton à la diminution des précipitations. C’est également une fresque des traditions et cultures de l’Asie Centrale, allant du mode de vie moderne au mode de vie traditionnel relatif à cette contrée.

On retrouve dans ce film une pointe du passé de documentariste de Marjolaine Boonstra. La caméra filme le décor des plaines, des montages kirghizes... Malheureusement ici, l’image picturale prend parfois trop de place sur le développement du récit : c’est un film qui se regarde plus qu’il ne s’écoute. D’ailleurs, les images portant sur la crise écologique rap- pellent l’Ouzbékistan, bien que ce film soit tourné au Kirghizstan.

Arrivé au terme de son voyage, Emo comprend la signification du mystère des « kurais ». Il a appris, à travers ces rencontres, qu’il faut prendre la vie comme elle vient et, que pour bien vivre et aimer, il faut savoir où aller : un message de vie, simple, dans une atmosphère dépaysante


Marjoleine Boonstra a étudié en réalisation, montage et photo à l’Académie of Modern Art et au Binger Film Institute. Elle travaille comme photographe et réalise des films documentaires qui sont sélectionnés dans les festivals internationaux et gagnent de nombreux prix. Après plusieurs longs métrages documentaires, elle tourne son premier film de fiction : Kurai, Kurai.


Autour du film : interview ; Bande-annonce ; biographie sur Imdb.

Photographies extraites du film. Tous droits réservés.