PODCAST

FICA Vesoul

Recherche :

Mercredi 9 mai (Chaharshanbeh, 19 Ordibehesht)

JPEG - 17 ko

Un film de Vahid Jalilvand (Iran, 2015, 112 min)

Mercredi 9 mai a remporté le Prix FIPRESCI dans la section Horizon de la 72eme édition du festival international du film de Venise. Il a également gagné le prix du meilleur film et meilleur réalisateur dans la section Nouveau regard, de la 33eme édition du festival de Fadjr (Iran).

Ce film typiquement iranien, comporte tous les points forts que nous connaissons à cette cinématographie : une image forte, propre, un cadre et un travelling harmonisés, stable, des acteurs convaincants, des aller-retours dans le temps en conservant le fil de l’histoire et enfin un montage très réussi.

De prime abord, c’est l’histoire d’une annonce insolite invitant à se manifester dans l’espoir de remporter 300 millions de rials. Cette somme reviendra à la personne dont le « dossier », l’histoire, présente la situation la plus difficile, la plus invivable. Le film débute par cette image forte d’une foule agitée, massée en bas de l’immeuble du bienfaiteur.

C’est surtout l’histoire d’un père qui a perdu son enfant. Et qui après des années de travail, noyé dans sa culpabilité, pense pouvoir sauver une autre personne en lui offrant une somme considérable. Pas question ici d’un homme riche voulant se divertir (comme l’agent de police le répète et voudrait croire), mais d’un père qui cherche par tout moyen à se racheter et se pardonner.

La rencontre des sentiments de cet homme, bouleversé par cette perte, avec la réalité frappante au travers de cette étrange annonce (qui nous en dit beaucoup sur l’état de son auteur), est fascinante et mérite d’être explorée.

Malheureusement le talent du réalisateur pour les séries télés joue en sa défaveur et fait obstacle à cette histoire unique et nouvelle dans son genre. Car le réalisateur mélange plusieurs histoires. Trop. L’exigeante durée d’un film ne lui laisse pas le temps de les explorer et de les conclure. À moins que cela ne soit sont objectif...

Le film nous raconte aussi l’histoire d’un couple dont l’époux est paralysé après un accident et dont la femme tente tant bien que mal d’assurer la survie. Dommage, on ne nous donnera pas vraiment l’occasion d’en savoir plus. Enfin, on nous présente une jeune fille orpheline vivant avec sa tante. Elle se marrie par amour avec un jeune homme que la famille n’approuve pas. Une partie du film très consensuelle, bien que toujours d’actualité et nécessaire.

Si à un moment ces histoires se croisent, le mode narratif choisi ici les sous-exploite et ne leur donne pas de sens réel. Cette frustration laisse le spectateur circonspect entre qualités cinématographiques indéniables et besoin d’en voir plus. Le film laisse sur sa faim par son artificialité et le manque d’attachement aux personnages.


Autour du film : Bande-annonce.

Photographie du film, tous droits réservés.