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Regard sur le cinéma Kazakh (1938-2011) - La jeune fille de soie (Kyz Zhibek)

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Un film de Sultan-Akhmet KHODZHIKOV (Kazakhstan, 1970, 135 mn)

Par Némésis SROUR

La Jeune Fille de soie (1970) est un parfait exemple de film de grande épopée kazakh, gorgé de couleurs et de chants traditionnels. On y retrouve tous les éléments typiques du genre : les chevaux et leurs courses

à travers les plaines sauvages ; d’épiques séquences de bataille, notamment entre les deux jeunes gens qui se disputent les faveurs de la belle mais orgueilleuse princesse, mais aussi des séquences chantées, qui ne sont pas sans rappeler les films hindis populaires dont a pu être abreuvé le Kazakhstan.

Adaptation d’une légende populaire, ce film est en quelque sorte le Roméo et Juliette kazakh puisqu’il retrace l’histoire d’amour impossible et tragique entre deux jeunes gens issus de tribus différentes. Dans le Kazakhstan du XVIème siècle, les guerres féodales font rage et rendent impossible l’unité du pays. Malgré la volonté du jeune héros, Tolegen, qui ne rêve que de paix et d’unité, condamnant la guerre, la désunion et tous ses maux dans un grand discours lyrique, il est en réalité envoyé par son père pour attaquer le Roi de cette tribu. Ce que le spectateur ne découvre qu’après la nuit de noces entre Tolegen et la princesse Zhibek, fille du Roi auprès duquel il plaidait la paix. Seulement, cette union n’est pas sans conséquence : envoyé pour faire la guerre, notre jeune héros contracte une union amoureuse qui n’oblige qu’à la paix. De retour dans sa patrie pour annoncer cette grande nouvelle à son père, il tente de l’éloigner de sa folie meurtrière et de le ramener à la raison, en vain. L’on comprend alors que Tolegen court à sa perte, et que la belle et fière Zhibek, attendant impatiemment le retour de son époux, ne vivra assez que pour le voir mort. Ainsi, à cause des conflits qui déchirent ce pays aux terres sauvages, leur histoire d’amour qui commençait sous les doux auspices de la poésie et du chant, trouvera une fin tragique.

Entre lyrisme et magnificence, Sultan-Akhmet Khodzhikov nous livre là un merveilleux opus qui reçut plusieurs distinctions et prix aussi bien au Kazakhstan, que dans toute l’Union soviétique.


Autour de ce film : extraits ; interview vidéo du réalisateur Rachid Nougmanov sur le cinéma Kazakh.

Images extraites du film. Tous droits réservés.