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FICA Vesoul

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Lee Yong-Seung - interview retranscription

L’histoire de votre film est-elle du vécu ?

Non, je ne l’ai pas vécu, mais j’ai travaillé dans une institution similaire à celle que l’on voit dans le film. Je souhaitais vraiment montrer l’ambiance régnant dans ce type d’institution.

Pouvez-vous nous parler de la réalisation de votre film ?
Quid des acteurs, du temps pour faire le film, des financements ....

Ce sont des acteurs de théâtre ou de courts-métrages pour la plupart, mais aussi tout simplement des amis.

Je ne leur ai imposé aucune préparation particulière, j’ai seulement donné des consignes. Par contre, ils se sont rendus dans une entreprise similaire pour ressentir et comprendre l’ambiance pour ensuite mieux la reproduire. Pour la réalisation en elle-même, il y a eu en tout un an de rédaction, 14 mois de tournage et 2 mois de post-production. Nous n’avons pas tourné les scènes dans l’ordre chronologique, car c’était impossible : nous tournions entre 12 et 15 scènes par jour. J’ai reçu plusieurs financements, une partie par l’université, et une autre par LOTTE (grosse entreprise coréenne, NdR). Mais il n’y a pas eu de contraintes imposées par l’entreprise, j’ai eu au contraire beaucoup de libertés, peut-être parce que c’était mon film de fin d’études. Vous savez, aujourd’hui, les subventions données par le gouvernement coréen pour la réalisation des films se sont beaucoup réduites. Pourtant, elles sont vraiment indispensables.

En Corée du Sud, quel est le rôle des syndicats dans les entreprises ?

De mon expérience personnelle, les syndicats ne sont pas vraiment efficaces et n’aident pas les jeunes employés. J’ai fait ce film à partir de ce que j’ai pu constater personnellement. Cette histoire, c’est en fait la génération antérieure, qui a une situation plus posée, et n’apporte aucune aide à la jeune génération. Le syndicat qui doit normalement aider les gens dans une situation précaire ne le fait pas.

Dans notre Institut, beaucoup de nouveaux étudiants en coréen rêvent de partir vivre et travailler en Corée du Sud.
Quelle image pensez-vous qu’ils aient sur le travail en Corée du Sud ?

C’est une question que j’aimerai bien vous poser (rires). Je ne sais pas vraiment quelle image les Occidentaux ont de la Corée du Sud, donc j’aimerai savoir quel genre d’image vous avez du travail chez nous. Quand j’ai conçu ce projet, je voulais juste faire un film qui parle de la réalité de ma génération, de mes amis, de mon entourage. Je ne pouvais pas savoir que ce film aurait autant de succès, qu’il permettrait à certains de se rendre compte de la situation actuelle en Corée du Sud et de son caractère universel. J’ai l’impression que je fais un très beau rêve, car au début de mon projet, mon idée de départ était toute petite. Je n’imaginais pas que mon film serait présenté à Berlin, maintenant à Vesoul et le mois prochain à Hong-Kong.

Est-ce que vous pensez que la génération précédente ne soutient pas assez la nouvelle ?

Moi-même je ne peux pas répondre à cette question. Je ne peux pas dire que je vais soutenir la génération suivante, et peut-être les jeunes qui se trouvent dans une situation très difficile aujourd’hui ne pourront pas encourager les générations suivantes non plus. Ce que je peux vous dire, c’est qu’après avoir vu mon film, si vous avez un choix à faire et que vous choisissez d’être courageux, ça me ferait très plaisir. En fait, tout le monde veut devenir quelqu’un de meilleur par rapport aux générations antérieures, mais lorsqu’on est face à un problème,
on fait les mêmes choix que nos prédécesseurs. Mais c’est mon opinion et il ne faut pas généraliser.

Quels sont vos projets ?

Je prépare un film complètement différent, qui portera sur le mariage d’un coréen avec une vietnamienne. Ce sera plus un mélodrame, un style différent de 10 minutes.


Autour du film : la critique, l’interview vidéo.

Propos recueillis par Cynthia Polliart et Anaïs Ravoux