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Lettre de Manuelle Franck pour le FICA 2013

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FICA : déjà vingt ans de cinéma …
Cette année est bien particulière pour le Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul. Déjà 20 ans que le festival participe à la diffusion et la reconnaissance de cinématographies encore trop peu connues, et déjà 10 ans que l’Institut national des langues et civilisations orientales remet son prix.

Depuis 2004, début de notre partenariat avec le FICA, notre délégation a récompensé les cinémas d’Iran, Indonésie, Corée, Inde, Chine, Philippines, Israël et Kurdistan… Autant de films projetés à l’Inalco et de découvertes pour les étudiants. Car dix ans à Vesoul ne se limitent pas à l’organisation d’un jury. Ce sont aussi de belles rencontres avec les cinéastes invités, et autant d’échanges sur leurs inspirations, choix artistiques, envies et pratiques cinématographiques. Dix ans à Vesoul, c’est enfin la participation active de deux-cent cinquante étudiants, enseignants et personnels de l’Inalco, tous passionnés de cinéma : chaque année, la délégation de l’Institut filme les entretiens avec les cinéastes, qui sont ensuite traduits et sous titrés par nos étudiants, puis mis à disposition du grand public. Au total, ce sont presque 60 entretiens, qui loin de tomber dans l’oubli, servent désormais de support et d’accompagnement pédagogiques dans nos cursus de langues et civilisations.

C’est donc avec fierté et honneur que notre institut remettra cette année encore son onzième Prix, qui succèdera au précédent lauréat, le film indonésien Atambua 39° Celsius.

Verdict mardi 18 février prochain.

Manuelle Franck, Présidente de l’INALCO

Lettre de Jacques Legrand pour le FICA 2012

Un peu à l’est des Langues O’, un peu avant d’arriver en Chine, en Inde, en Iran ou en Mongolie (que ceux qui ne sont pas nommés ne se sentent pas oubliés), il y a Vesoul... Un regard ouvert, à tous les sens de ce mot. Un jalon déjà, une halte bienfaisante, comme l’est un caravansérail, qui balise les chemins qui, tous divers et tous braqués sur l’humain, nous apportent de ces extrêmes mondes si proches la multiplicité des visages, des histoires, des peurs, des colères et des joies.

Le cinéma, cet enfant tout à la fois de la lumière, de la transparence et de l’obscurité, est - pour longtemps encore - le langage de ces rencontres entre images, langues et cultures. Le cinéma est à la fois prophétie ou divination, recherche, dissection et poésie. Il donne un reflet, par une même technique, par des savoir-faire puisés souvent aux mêmes sources, à l’expression la plus librement inventée de l’infinie diversité et de la suprême unité des femmes et des hommes de ce monde, dans son mouvement, parfois sa fuite, dans l’avenir, sans que jamais puisse être oublié le passé. Cette diversité n’est ni l’exotisme ni le "choc des civilisations". Elle est la richesse et la complexité des idées, des sentiments par lesquels l’humanité, pas à pas, doit encore conquérir son universalité. Chaque jour davantage, plus qu’un fragile objet précieux et menacé, elle apporte la démonstration de sa nécessité créatrice, osons le mot trivial - de son "utilité" - et les calculs les plus égoïstes, qu’ils soient politiques ou mercantiles, peuvent toujours un peu moins en nier l’efficacité. Le film rend plus forte cette évidence.

Soutenir ce regard, l’appeler et l’accompagner, c’est un moment à la fois de joie et de gravité où le Festival de Vesoul et l’INALCO se retrouvent depuis bien des années déjà. Cette année encore, l’INALCO s’associe au Festival et décernera ses prix à une ou des œuvres de courage, de culture et d’ambition. Mais un film d’Asie peut-il naître sans ambitions ?

Jacques Legrand, ancien Président de l’INALCO